02/07/2010

Guy Mettan lève le masque

Invité par Pascal Décaillet à « Genève à chaud » le mardi 29 juin 2010 sur Léman Bleu, notre Président du Grand Conseil Guy Mettan a pu nous dévoiler son vrai visage, traitant avec dédain et mépris les 17 députés MCG, qualifiant la motion visant à faire déclarer Hannibal Kadhafi persona non grata à Genève, de « brûlot », d’ « acte de sabotage », « visant  à aider la Libye en fournissant des arguments à nos adversaires », mieux, en « voulant affaiblir la position de Genève devant le Tribunal arbitral ». En résumé,  la démarche du MCG n’avait que l’ « insignifiance des extrêmes », émanant de personnes qui ne cherchent qu’à « déstabiliser les institutions », alors même que l'examen de cette motion avait été volontairement repoussé jusqu'à la libération de notre dernier otage.

Nous aurions attendu davantage d’impartialité, voire de dignité, de la part de celui qui apprécie sans doute de se faire nommer « Premier citoyen de la République ».

Rappelons d’abord à Monsieur Mettan, qui feint de l’ignorer, que le MCG, par la voix du soussigné, n’entendait pas prendre la parole, le 18 juin dernier, lorsque le huis clos a été demandé par Renaud Gautier, député libéral, pour s’exprimer sur le fond de sa motion, mais pour répondre aux propos blessants, voire injurieux de ce dernier, qui, pour appuyer sa demande aux yeux des téléspectateurs (pour qui d’autre puisqu’il savait d’avance avoir l’appui de tous les députés à l’exclusion du MCG), s’est autorisé à qualifier les motionnaires d’ « irresponsables », de « populistes »  ayant recours à des « avatars noirs » (qualificatif pouvant donner lieu aux interprétations les plus diffamantes), voire même de « lâches », alors que l’on se demande bien  lequel est le lâche entre celui qui entend dire ouvertement ce qu’il pense, et celui qui préfère le chuchoter dans le confort du huis clos.

Si Guy Mettan avait été neutre, il aurait entendu cette requête et y aurait donné suite. Il aurait même dû couper la parole à Renaud Gautier constatant que celui-ci ne se bornait pas à demander le huis clos. Mais voilà, Guy Mettan n’a eu à ce moment-là de la hauteur du Président du Grand Conseil que celle que l’architecture de la salle lui donnait, trop heureux de laisser dire par d’autres ce qu’il brûlait de dire lui-même.

Il se trouve que contrairement à ce qu’il ne cesse de marteler depuis lors, la loi valant règlement du Grand Conseil ne dit nulle part qu’une demande de huis clos se vote sans débat. Si l’on peut comprendre que le débat sur l’opportunité du huis clos ne doit pas être un prétexte, pour ceux qui s’y opposent, afin d'aborder le fond par anticipation, de crainte de ne pouvoir le faire ensuite publiquement, il ne saurait être toléré que des députés soient insultés sans aucun droit de réponse, au motif que l’insulte proférée sonnerait agréablement à l’oreille du Président.

Cessez donc d’argumenter, Monsieur Mettan, et reconnaissez, une fois n’est pas coutume, que la tentation de museler le MCG était trop forte pour que vous puissiez y résister !

Permettez que l’on vous rappelle, au risque de vous déplaire, que ce parti que vous traitez avec mépris, est le second du canton, à égalité avec Les Verts, avec 17 députés, et que le parti qui vous a propulsé là où vous êtes, temporairement, n’en compte que 11. En nous traitant de la sorte, ce sont nos électrices et nos électeurs que vous maltraitez.

Vous nous accusez de prendre la République en otage, alors que vous avez utilisé le pouvoir que l’on vous a prêté, pour servir les intérêts de certains au détriment d'autres. Vous nous accusez de vouloir donner des arguments à la Libye devant le Tribunal arbitral, alors que vous avez affirmé, publiquement, en qualité de Président du Grand Conseil, que Genève avait commis « quatre boulettes ». Qui défend Genève Monsieur Mettan ? Qui donne des arguments à la Libye pour mieux nous condamner ?

Souffrez donc, Monsieur Mettan, que nous existions par la volonté de celles et ceux qui nous ont élus, et respectez-nous en tant que tels ! C’est votre rôle, et votre devoir. A notre tour nous vous respecterons.

Mauro Poggia

 

 

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Commentaires

METTAN et sa clique .... dehors, il n'ont rien à faire au parlement. C'est normal pour le Parti Des Crétins.

Écrit par : MonDieu | 02/07/2010

tout maire d'un lieu comme Vernier

ne peut que se retrouver à devoir gérer de drôles de choses, en dehors de lourdes et conséquentes responsabilités

pour le bien du canton, le moins serait d'user de critiques constructives
d'arguments concrets et de proposer de positives suggestions

quand on a l'esprit du collectif et l'objectif du bien de l'ensemble

ce que tout parti prétend face à son électorat, non?

Écrit par : na...ya! | 02/07/2010

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