25/08/2008

LETTRE AUX HABITANTS DE LA COMMUNE DE VERNIER

bonjour

Au courant du mois de juin de cette année, afin de rester proche des citoyennes et des citoyens de ma commune, j'avais fait parvenir à tous les habitantes et habitants de la commune de Vernier, passant par le village pour rejoindre Châtelaine, puis bifurqué aux Lignon, Aire, les Libellules et revenir sur les Avanchets un courrier que voici.

LETTRE DE THIERRY CERUTTI AUX HABITANTS DE VERNIER.pdf

Unis dans l'Action, afin d'apporter un vrai changement, c'est Ensemble que nous y arriverons.

 

Ecoute, Dialogue, Respect, ce sont ces valeurs qui nous rassemblent. Je les porterai à la Mairie de Vernier.

VERNIER.jpg
Thierry CERUTTI
Député - Genève
Conseiller municipal - Vernier
Candidat au Conseil Administratif de la ville de Vernier le 28 septembre 2008

 

17:18 | Lien permanent | Commentaires (16) | | | Digg! Digg |  Facebook | | | |

Commentaires

bonjour

bravo Monsieur pour vos actions ainsi que toute l'énergie que vous déployer pour nous, habitants de Vernier

Merci de nous consacrer votre temps

Avez vous vu que le programme du socialiste est un copier-coller de vos actions
c'est marrant il a repris votre idée que vous avez soumis au conseil municipale lors de la présentation de votre motion pour augmenter les effectifs des ASM et des comis administratif et par ce bier créer une décentralisation de l'administration communale dans les divers quartiers de la commune.

Tous comme les radicaux, ils ont lancé une pétition contre l'usine à gaz en utilisant vos procédés et vos méthodes. Est-ce que les radicaux ont soutenu votre pétition intitulée RESPECTEZ VERNIER ou vous dénonciez le manque de respect des autorités cantonales auprès de la commune de Vernier ?

En tout les cas Monsieur Cerutti, vous avez mon respect

Continuez UNIS DANS L'ACTION - Ensemble pour un Vrai Changement

Écrit par : antoine | 25/08/2008

Bonjour M. Cerutti,

N'étant pas une électrice de votre commune, je peux certifier qu'à entendre les gens qui vous côtoient dans les quartiers cités, vous êtes apprécié pour votre engagement corps et âme.

Vos actions précédentes, tout au long de cette dernière anéée dure en épreuve, y sont reconnues.

Vous savez parler à l'entrepreneur autant qu'au jeune apprenti, relever les qualités des femmes et des hommes de bonne volonté pour un mieux-être de la collectivité!

Bonne chance pour la dernière ligne! Qu'elle soit droite jusqu'au but!

Écrit par : Micheline Pace | 25/08/2008

A tout hasard c'est quoi votre position sur le projet d'implantation d'Ikéa et du blocage actuel ?

Écrit par : Dji | 25/08/2008

"L'union fait la force...alors j'espère que l'UDC Genève, va vous accompagner, comme ils l'ont fait pour Daniel Zappelli. Grâce à l'UDC, Daniel Zappelli, fut élu. Espérons que cette fois aussi, ils vont aider, cette fois-ci, le MCG, pour porter au conseil communal, un homme de valeur, un homme de parole, un "gamin du quartier", comme les aînés aiment à vous nommer, monsieur Cerutti. Avec un homme comme vous, aucun doute, Vernier sera gagnante... Que le meilleur gagne !"

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 25/08/2008

Il y a 5 jours j'ai écris :

"A tout hasard c'est quoi votre position sur le projet d'implantation d'Ikéa et du blocage actuel ?"

Toujours pas de réponse... domage.

Écrit par : Dji | 30/08/2008

bonjour Dji

Le MCG n'a pas participé aux accords qui ont été ratifiés par la commune et IKEA car nous n'étions pas encore aux affaires communales. A notre arrivée en juin 2007, nous avons constaté que le projet IKEA était remis en question par le VERTS lequel était en fervant opposant de l'arrivée d'IKEA sur la commune. Appuyé bien naturellement par les socialistes et les libéraux.

Le MCG a constaté que TOUTES les revendications de la commune ont été respectées à la lettre par IKEA et que le Conseil d'Etat avait répondu à TOUTES les revendications de la commune, lesquelles étaient liées à la fluidité du traffic, mobilité douce et impact environnemntal.

et de ce fait, il n'y avait aucune raison de bloquer l'implantation d'IKEA, sachant qu'il est vecteur d'emplois soit env. 250 postes pour les habitants de Vernier ainsi qu'un apport financier non négligeable qui approche le million de CHF.

Sachant qu'avec l'étiquette IKEA, il y aura bien naturellement d'autres entreprises qui vont venir s'implanter dans la commune afin de profiter de la visibilité que donne IKEA dans la région.

Thierry CERUTTI, en qualité de député, a pris le dossier en main et il a déposé 2 Interpellation (IUE) au Conseil d'Etat que vous trouverez sur son blog.
et s'est rendu à l'Office Cantonal de la Mobilité afin d'avoir des réponses factuelles.

La réponse de la part du Conseil d'Etat était parfaitement claire et répondaient aux attentes de la commune soit :

- une étude sur l'impact environnemental va bien être réalisé
- que la fluidité du traffic va être tenu en compte
- ainsi que de trouver des solutions pour améliorer la mobilité

Il sied de préciser que l'OCM a donné les mêmes garanties.

Thierry Cerutti, ne s'est pas contenté de ces réponses et a déposé une Résolution demandant aux autorités cantonales de faire un maximum afin d'améliorer :
- la fluidité du traffic sur toute la commune de Vernier
- Améliorer la mobilité sur toute la commune de Vernier
- Respecter l'environnement sur toute la commune de Vernier

Comme vous pouvez le constater le MCG et Thierry Cerutti ne sont pas restés innactif.

je concluerai cette note en ajoutant que Le Verts ne dit pas la vérité à la population et aux médias et qu'il essaye de gagner du temps afin de trouver une porte de sortie honnorable.....

et que le candidat socialiste se moque des Verniolans en voulant faire croire qu'il est pour l'arrivée d'IKEA. Cela se nomme de l'opporutnisme et de l'élecotraliste nauséabond. Le candidat socialiste oublie de dire à la population qu'il était contre le projet BALEXERT, qui lui aussi est vecteur d'emplois et d'entrée fiscale.

Écrit par : secrétariat MCG | 31/08/2008

En 2007 ont eu lieu des élections fédérales.

Habituellement, les verts ne tolèrent pas
les doubles casquettes.

De peur de perdre un siège au Conseil d'Etat,
ils ont permis au Conseiller d'Etat Robert
Cramer de conduire un double mandat au Conseil
d'Etat et au Conseil des Etats. Au bilan des
courses, l'excellent Conseiller d'Etat du DIAE
d'autrefois est devenu un conseiller d'Etat
fantôme et un parlementaire peu présent tant sur
la scène fédérale qu'aux chambres. Bref, Mon-
sieur Robert Cramer est abonné absent partout,
à telle enseigne qu'il est impossible de le
joindre pour lui demander ce qu'il en est du
dossier IKEA à Vernier - et surtout s'il cau-
tionne le débit de conneries d'un petit élu
local particulièrement minable, Monsieur Yvan
Rochat, autrefois épris d'une certaine fibre
sociale, aujourd'hui de mèche avec les libé-
raux - ou du moins un libéral ex prof d'his-
toire, qu'il admirait semble-t-il déjà il y
a vingt cinq ans au Collège Rousseau. Pierre
Ronget pour ne pas le nommer. Au bilan, on
assiste à un chassé croisé et à un parfait
dialogue de sourds entre le maire de la Ville
de Vernier et le secrétaire général du Dépar-
tement du territoire, Monsieur Philippe Mat-
they, qui s'efforce de donner le change face
à la sourde oreille que fait son patron aux
journalistes... Mmh... Etre pour la traversée
la rade et pour la construction d'un port pha-
raonique à la Nautique, c'est passer de la
gauche à la droite sans se mouiller ! Alors
Cramer, un vert libéral lui aussi ? Bref, Mon-
sieur Robert Cramer semble incapable de gérer
le dossier IKEA, tout comme le dossier CEVA,
qu'on a dû lui retirer pour le confier à Mark
Muller, tant il semblait surchargé à Berne.
Monsieur Yvan Rochat et Monsieur Pierre Ronget :
ils sont simplement contre la venue d'IKEA à
Vernier. Ils aimeraient aussi qu'on rase les
quartiers du Lignon, des Avanchets, de Blan-
donnet, des Libellules et de Balexert pour
qu'on y installe une immense parc botanique
avec une roseraie, qui serait entretenue bé-
névolement par les élèves et les apprenants
de l'école de fleuriste de Lullier - un peu
comme le jardin du Chancelier d'Etat... Pier-
re Ronget se chargerait des aspects pédagogi-
ques - et surtout de la méthodologie... Ah
oui, très important la méthodologie ! Parce
qu'il faut d'abord énoncer le discours de
la méthode... C'est cartésien comme approche !

A tout cela le Mouvement citoyen genevois
répond : non, non et non. Nous ne sommes ni
de gauche ni de droite mais nous ne voulons
plus de double mandats sur la place genevoi-
se - nous n'avons jamais su si Monsieur Jean-
Philippe Maître était Conseiller d'Etat à
Genève ou Conseiller national à Berne et
nous ne savons guère si Jean-René Fournier
est Conseiller aux Etats à Berne ou Conseil-
ler d'Etat en Valais...

Nous avons donc posé la question à Monsieur
Pierre Ronget de savoir comment il définirait
ses priorité entre la mairie de Vernier et la
Direction du Centre horticole de Lullier. Il
nous a répondu qu'il n'en savait rien mais
qu'il n'entendait pas démissionner de son pos-
te de Directeur au Département de l'Instruc-
tion publique avant ses 65 ans. Nous en avons
conclu qu'il était incapable de définir ses
priorités... Mmh... Choix cornélien ! Entre
les jeunes demoiselles des écoles fleuristes
et les dossiers délicats de la Ville de Ver-
nier, il n'y a pas photo... Clairement, Mon-
sieur Pierre Ronget n'a semble-t-il ni les
capacités ni la sagacité pour mener à bien
les affaires de la commune. Surtout, il est
beaucoup trop vieux et fonctionne comme un
has been.

Encore une fois, le MCG est contre les dou-
ble mandats. Or, comme Robert Cramer, le vert
libéral, le libéral vert Pierre Ronget veut
cumuler tous les avantages et tous les pou-
voirs, soit son son salaire de 200'000.- / an
de directeur au DIP et les indemnités de fonc-
tion de Conseiller administratif à la Mairie
de la Ville de Vernier ? Allons-nous tolérer
que les collectivités lui versent 300'000 en
2009 ?

Accessoirement, Pierre Ronget siège depuis
1979, soit 29 ans au Conseil municipal, Beau-
coup disent qu'on l'a assez vu. Il est très
étonnant que le Parti Libéral n'ait pas pro-
posé un renouvellement, un rajeunissement
ou une candidature féminine : tiens, Madame
Monique Mattenberger, vous n'auriez pas
souhaité devenir Conseillère administrative ?
Quel dommage que Monsieur Pierre Ronget vous
n'ait pas eu l'élégance de vous céder la pla-
ce ?

Entre 1987 et 1989, Monsieur Charles Beer,
désormais Conseiller d'Etat Président du DIP
était Conseiller municipal socialiste en Ville
de Vernier. Et à cette même époque, on trou-
vait un autre socialiste bien connu dans les
rangs du Conseil : Monsieur Christian Brunier.
Tous deux étaient arrivés à la conclusion que
Monsieur Pierre Ronget était un dangereux cara-
ctériel, qui semblait vouloir bloquer tous les
dossiers et toute forme d'émancipation dans la
commune. Question : Monsieur Pierre Ronget a-t
-il vraiment changé ?

Le MCG pense qu'il n'y a qu'un seul et vrai
candidat valable pour l'élection complémentai-
re de septembre 2008.

Nous vous recommandons de voter pour lui, il
saura se mettre à votre écoute durant la lé-
gislature.

Monsieur Thierry Cerutti ne fait pas de la
politique par ambition personnelle et il dé
teste la politique politicienne.

Son seul objectif est de travailler dans le
sens de la collectivité, de façon à ce que
la vie au quotidien soit la meilleure possi-
ble dans la 2ème ville du Canton et la 13ème
Ville de la Confédération helvétique.

Voter Thierry Cerutti, c'est voter intel-
ligent et sagement !

Surtout, nous tiendrons compte de votre avis
et aussi de vos critiques pour le bien de
la Commune de Vernier !

Allez Thierry !

Écrit par : Gavroche, citoyen genevois | 31/08/2008

Il y a un autre guignol qui s'amuse à collectionner
les médailles et les double mandats : c'est Daniel
Brélaz, syndic de la Ville de Lausanne et Conseiller
national. Manifestement, c'est la nouvelle mode chez
les verts de cumuler les mandats. L'objectif est sim-
ple : ramasser les jetons de présence et laisser tra-
availler les assistant(e)s et les secrétaires à sa
place. Daniel Brélaz semble gentiment mais sûrement
dégénérer. A une autre époque, alors qu'il était Con-
seiller national et qu'il venait d'être élu Conseiller
communal à l'exécutif de la Ville de Lausanne, il avait
spontanément démissioné pour pouvoir se consacrer en-
tièrement à son mandat lausannois - il n'était même
pas syndic. Aujourd'hui, il se verrait bien Conseiller
fédéral. Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas
d'avis...

Écrit par : Guignol | 31/08/2008

Merci pour votre réponse.

Écrit par : Dji | 01/09/2008

Il sied de préciser que les PDC - UDC ont défendu l'accord de IKEA ensemble avec le MCG, raison pour laqelle ces 3 partis ont déposé ensemble une motion demandant au C.A. de signer l'accord afin que IKEA puisse démarrer ces travaux

Raison également pour que TOUS les militants et sympathisants PDC - RADICAUX - UDC soutiennent THIERRY CERUTTI, le 28 septembre 2008

UNIS DANS L'ACTION - VOTONS THIERRY CERUTTI

Écrit par : antoine | 01/09/2008

Mesdames, Messieurs les blogueurs,

Je vous prie de respecter le débat qui préside
à l'élection complémentaire au Conseil adminis-
tratif de Vernier et de cesser vos attaques
directes à mon encontre.

Je vous remercie.

Avec mes salutations les meilleures.

Pierre Ronget

Écrit par : Pierre Ronget | 05/09/2008

bonjour

je suis étonnée de voir que Pierre Ronget est totalement en désaccord avec les positions de ses soi-disants alliés

les PDC- RADICAUX et UDC sont pour

une salle omnisport à Vernier - Pierre ROnget est CONTRE
augmenter les effectifs des ASM - Pierre Ronget est CONTRE
IKEA - Pierre Ronget est contre

que l'entente arrête de nous dire qu'ils sont sur la même longeur que Pierre Ronget car cela est FAUX

Par contre, Thierry CERUTTI est POUR

Écrit par : justine | 06/09/2008

très juste justice, le plus drôle c'est tout de même le slogan de Ronget

il n'a rien fait en 30 ans et il veut nous faire croire que demain il va se réveiller

il pense que poignarder son ex-ami George afin de lui prendre sa place, critiquer et dénigrer ces adversaires politiques, et si les propos le concernant sur l'art de séduire des étudiantes est juste, eh bien il a une drôle de vision du mot INTEGRE

Il y a pas de doute, Cerutti Thierry, est l'homme d'Action qu'a besoin la commune de Vernier afin d'apporter un Vrais Changement

Écrit par : alice | 06/09/2008

Mesdames, Messieurs,

J'ai eu de bonnes raisons d'autoriser la lec-
ture du Grand Cahier à l'Ecole de culture gé-
nérale Henry Dunant. C'est un classique de la
littérature, au même titre que Vipère au poing
d'Hervé Bazin. Et non pas un ouvrage de litté-
ture pornophile, zoophile, pédophile et scato-
logique, comme le prétend Madame Sarah Emonet,
Vice-Présidente du Comité Alerte. Le Départe-
ment de l'instruction publique n'a jamais cau-
tionné l'enseignement de la pornographie en
classe et les parents d'élèves scolarisés dans
la Commune de Vernier peuvent être rassurés.
A ce propos, un excellent cours sur la sexu-
alité de nos enfants sera dispensé par Madame
Marie-José Lacasa, psychologue, à l'Ecole des
parents le 15 et le 22 novembre prochain

www.ep-ge.ch

Accessoirement, je vous prie de respecter le
débat qui préside à l'élection complémentaire
au Conseil administratif de Vernier et de ces-
ser vos attaques directes à mon encontre. El-
les sont gratuites et inutiles. Elles ne m'at-
teignent pas et me laissent parfaitement indif-
férent. En revanche, je n'accepte pas le mépris
et le discrédit que les blogueurs jettent sur
l'école genevoise. Leur attitude me plonge dans
la consernation.

Nous sommes ici dans le registre d'une désin-
formation absolue qui confine à l'atteinte à
l'honneur des personnes dans leur fonction.
Je tiens donc à rétablir les faits : diriger
un établissement de l'enseignement secondaire
est une charge complexe qui requiert de for-
tes compétences administratives et de gestion,
conjugués à d'importantes aptitudes relation-
nelles. En effet, il s'agit pour un directeur
de stimuler les équipes enseignantes, de favo-
riser le dialogue professionnel dans le but
d'assurer une excellente qualité d'enseigne-
ment au bénéfice de tous les élèves sans ex-
clusion. L'objectif consiste aussi à rappro-
cher l'autorité scolaire du quotidien et du
terrain : le travail d'un directeur consiste
également à intensifier les liens avec les
familles, à intervenir, à informer à bon es-
cient, à renseigner clairement et parfois à
apaiser les inquiétudes.

Un directeur d'école doit être aussi capable
de régler des conflits, inévitables dans tou-
te communauté scolaire. Certains malentendus
ou désaccords peuvent avoir des incidences
non négligeables sur la vie d'un adolescent :
là encore, le directeur d'établissemnet sco-
laire secondaire a une partition délicate à
jouer, un rôle de médiateur pour construire
un climat d'école serein et propice aux étu-
des.

On sait aujourd'hui qu'un bon départ dans la
vie scolaire, l'acquisition solide de compé-
tences fondamentales ainsi que l'apprentis-
sage des règles de vie collectives dans un
cadre à la fois créatif et sécurisé sont des
enjeux déterminants pour le développement de
l'adolescent. Et pour la suite de son parcours
de formation. C'est une condition essentielle
pour confronter l'égalité des chances.

Enfin, j'observe qu'en véritables naufragés
de l'éthique, les auteurs des blogs ne sont
pas avares du fiel qu'ils distillent allègre-
ment. Ils touchent le fond et, ce faisant, ne
grandissent pas le débat nécessaire autour des
enjeux de l'école. J'en appelle à un débat ci-
toyen digne, loin de tout règlement des comptes,
soucieux de l'avenir de notre jeunesse. Un dé-
bat constructif dans le respect des faits et
des compétences indéniables des cadres et des
équipes enseignantes de l'école publique gene-
voise.

Je vous remercie.

Pierre Ronget,
Directeur au Département de l'instruction publique,
Conseiller municipal libéral,
Candidat de l'Entente genevoise et du Groupe les
Verts à l'élection au Conseil administratif de la
Ville de Vernier

Écrit par : Pierre Ronget | 10/09/2008

Mesdames, Messieurs,

J'ai eu de bonnes raisons d'autoriser la lec-
ture du Grand Cahier à l'Ecole de culture gé-
nérale Henry Dunant. C'est un classique de la
littérature, au même titre que Vipère au poing
d'Hervé Bazin. Et non pas un ouvrage de litté-
ture pornophile, zoophile, pédophile et scato-
logique, comme le prétend Madame Sarah Emonet,
Vice-Présidente du Comité Alerte. Le Départe-
ment de l'instruction publique n'a jamais cau-
tionné l'enseignement de la pornographie en
classe et les parents d'élèves scolarisés dans
la Commune de Vernier peuvent être rassurés.
A ce propos, un excellent cours sur la sexu-
alité de nos enfants sera dispensé par Madame
Marie-José Lacasa, psychologue, à l'Ecole des
parents le 15 et le 22 novembre prochain

www.ep-ge.ch

Accessoirement, je vous prie de respecter le
débat qui préside à l'élection complémentaire
au Conseil administratif de Vernier et de ces-
ser vos attaques directes à mon encontre. El-
les sont gratuites et inutiles. Elles ne m'at-
teignent pas et me laissent parfaitement indif-
férent. En revanche, je n'accepte pas le mépris
et le discrédit que les blogueurs jettent sur
l'école genevoise. Leur attitude me plonge dans
la consernation.

Nous sommes ici dans le registre d'une désin-
formation absolue qui confine à l'atteinte à
l'honneur des personnes dans leur fonction.
Je tiens donc à rétablir les faits : diriger
un établissement de l'enseignement secondaire
est une charge complexe qui requiert de for-
tes compétences administratives et de gestion,
conjugués à d'importantes aptitudes relation-
nelles. En effet, il s'agit pour un directeur
de stimuler les équipes enseignantes, de favo-
riser le dialogue professionnel dans le but
d'assurer une excellente qualité d'enseigne-
ment au bénéfice de tous les élèves sans ex-
clusion. L'objectif consiste aussi à rappro-
cher l'autorité scolaire du quotidien et du
terrain : le travail d'un directeur consiste
également à intensifier les liens avec les
familles, à intervenir, à informer à bon es-
cient, à renseigner clairement et parfois à
apaiser les inquiétudes.

Un directeur d'école doit être aussi capable
de régler des conflits, inévitables dans tou-
te communauté scolaire. Certains malentendus
ou désaccords peuvent avoir des incidences
non négligeables sur la vie d'un adolescent :
là encore, le directeur d'établissemnet sco-
laire secondaire a une partition délicate à
jouer, un rôle de médiateur pour construire
un climat d'école serein et propice aux étu-
des.

On sait aujourd'hui qu'un bon départ dans la
vie scolaire, l'acquisition solide de compé-
tences fondamentales ainsi que l'apprentis-
sage des règles de vie collectives dans un
cadre à la fois créatif et sécurisé sont des
enjeux déterminants pour le développement de
l'adolescent. Et pour la suite de son parcours
de formation. C'est une condition essentielle
pour confronter l'égalité des chances.

Enfin, j'observe qu'en véritables naufragés
de l'éthique, les auteurs des blogs ne sont
pas avares du fiel qu'ils distillent allègre-
ment. Ils touchent le fond et, ce faisant, ne
grandissent pas le débat nécessaire autour des
enjeux de l'école. J'en appelle à un débat ci-
toyen digne, loin de tout règlement des comptes,
soucieux de l'avenir de notre jeunesse. Un dé-
bat constructif dans le respect des faits et
des compétences indéniables des cadres et des
équipes enseignantes de l'école publique gene-
voise.

Je vous remercie.

Pierre Ronget,
Directeur au Département de l'instruction publique,
Conseiller municipal libéral,
Candidat de l'Entente genevoise et du Groupe les
Verts à l'élection au Conseil administratif de la
Ville de Vernier

Écrit par : Pierre Ronget | 10/09/2008

PIERRE RONGET DOIT DEMISSIONNER DE SES POSTES DE
DIRECTEUR AU DEPARTEMENT DE L'INSTRUCTION PUBLI-
QUE ET DE CONSEILLER MUNICIPAL AU CONSEIL MUNICI-
PAL DE LA VILLE DE VERNIER : NOUS NE VOUS VOULONS
PAS D'AFFAIRE ROLAND NEF A VERNIER !

CHARLES BEER DOIT CHANGER DE DEPARTEMENT EN
RAISON DE SON INCAPACITE A METTRE SUR PIED UNE
FORMATION DIGNE DE CE NOM POUR LES ENSEIGNANTS
SECONDAIRES ET SON REFUS D'HARMONISER LA FOR-
MATION DES ENSEIGNANTS PRIMAIRES A CELLES DES
AUTRES CANTONS ROMANDS EN CREANT UNE HAUTE
ECOLE PEDAGOGIQUE AVEC UNE FORMATION EN TROIS
ANS. SA VOLONTE D'IMPOSER UN MASTER EN SCIENCES
DE L'EDUCATION EN CINQ ANS INTERDIRA AUX AUTRES
ENSEIGNANTS ROMANDS FORMES EN TROIS ANS DE
TRAVAILLER A L'ECOLE PRIMAIRE A GENEVE : INAD-
MISSIBLE CAR LES AUTRES CANTONS ROMAND PREN-
DRONT INEVITABLEMENT DES MESURES DE RETORSION
A L'ENCONTRE DES GENEVOIS !

SOUTENEZ L'ARLE, LE PARTI RADICAL ET LE DEPUTE
JACQUES FOLLONIER, PHARMACIEN A VERNIER, QUI
LANCENT UNE INITIATIVE POUR LA CREATION D'UNE
AUTHENTIQUE HEP A GENEVE !

SOUTENEZ LE MCG QUI SE BAT POUR LA SECURITE ET
CONTRE LE TRAFIC DE DROGUE DANS LES ECOLES !


LECTURES CONSEILLEES A CES MESSIEURS...

Résumé du livre

Arrivés de la Grande Ville avec leur mère, Claus et Lucas ne vont
rester que tous les deux chez leur grand-mère pendant la guerre.
Cette dernière est une femme sale, méchante, radine, analphabète
et meurtrière; les jumeaux vont alors entreprendre seuls une étran-
ge éducation. D'un côté ils s'entraînent à s'endurcir, à ne pas
s'apitoyer sur la douleur d'autrui et à tuer, et de l'autre, ils
écrivent la liste des tâches effectuées dans un grand cahier. Mais,
à la suite d'un certain nombre d'événements, les deux frères vont
se retrouver séparés, le premier dans ce même pays totalitaire,
le deuxième de l'autre côté de la frontière...

http://www.duo.uio.no/roman/Art/Rf-16-02-2/fra/Sanaker.pdf

Romansk Forum XV Skandinaviske romanistkongress
Nr. 16 – 2002/2 Oslo 12.-17. august 2002
735
John Kristian Sanaker
Universitetet i Bergen


Le Grand Cahier d’Agota Kristof - une «singularité francophone»

[...]

Agota Kristof est une des singularités francophones les plus remarqua-
bles. Née en Hongrie en 1935, elle fuit sa patrie lors de la répres-
sion soviétique en 1956 pour se réfugier en Suisse, où elle réside
toujours (près de Neuchâtel). Ayant déjà commencé à écrire des poèmes
en hongrois avant de s’expatrier, elle passe d’abord une longue pério-
de d’adaptation à son nouveau pays (apprentissage du français à l’Uni-
versité de Neuchâtel, travail dans l’horlogerie, comme vendeuse, comme
aide-dentaire), avant de commencer timidement à écrire en français.

Après quelques nouvelles (restées à l’état de manuscrit), elle écrit
des pièces radiophoniques et des pièces de théâtre, avant de créer
l’oeuvre qui lui assurera la notoriété, à savoir la trilogie romanes-
que Le Grand Cahier (1986), La preuve (1988) et Le troisième mensonge
(1991). Un quatrième roman, Hier, s’y ajoute en 1995.

La raison pour laquelle j’ai été amené à m’intéresser de plus près à
Agota Kristof est un fait divers survenu en France à l’automne 2000.
Des parents d’élèves ont porté plainte contre un professeur de collè-
ge qui avait faire lire Le Grand Cahier à ses élèves de troisième
(13-15 ans). Le professeur en question, enseignant débutant, fraî-
chement sorti d’un IUFM (Institut universitaire de formation des
maîtres), a été gardé à vue pendant trois heures, et la police a
perquisitionné à son domicile. On lui a reproché d’avoir mal choi-
si son public, les élèves de troisième étant trop jeunes pour être
exposés à un roman comportant entre autres des scènes de zoophilie
et de fellation.

D’autres parents d’élèves ont apporté leur soutien au malheureux
professeur, le ministre de l’éducation, Jack Lang, a trouvé bon de
rappeler au Principal de l’école que «les choix pédagogiques d’un
établissement scolaire relèvent exclusivement de la compétence des
équipes de professeurs», et les Editions du Seuil ont exprimé dans
un communiqué que Le Grand Cahier est «très vite devenu un classi-
que, traduit dans plus de vingt langues, étudié dans les lycées»,
tout en accusant une minorité des parents de vouloir «imposer un
ordre moral». Vous devinez peut-être que cette malheureuse affaire
a été rapidement classée sans sanction ni suspension du professeur.

En quoi ce fait divers peut-il être intéressant pour une bonne éva-
luation de ce roman très particulier? Il s’agit d’un roman propre à
susciter des réactions violentes chez des gens pudiques, mais c’est
en même temps un texte recommandé par le Ministère de l’éducation en
France pour les classes de lycée (à partir de la seconde, donc pour
des élèves de 15 ans et plus). La seule faute formelle de l’ensei-
gnant en question est donc d’avoir soumis le texte à une classe de
troisième, terminale du collège. Une recherche sur Google confirme
d’ailleurs la très grande attention portée au Grand Cahier (ainsi
qu’à son adaptation pour le théâtre) par des institutions pédagogi-
ques. Parmi les nombreuses pages qui y sont consacrées, un grand
nombre provient d’instances pédagogiques de pays non-francophones,
comme par exemple l’Angleterre et les Pays-Bas. Mais les deux pays
où le roman de Kristof semble surtout avoir retenu l’attention des
instances scolaires sont l’Allemagne et le Danemark. En Allemagne,
le livre est utilisé dans les cours de français au Sekundarstufe II,
c’est-à-dire pour des élèves de 17-18 ans, au Danemark, l’éditeur
Munksgård présente une édition du roman à utilser dans 2G («fransk
begynnersprog»), c’est-à-dire avec des élèves du même âge.

Les deux qualités principales mises en avant pour l’utilisation du
texte à l’école sont les suivantes : c’est un roman qui présente
d’une façon forte, saisissante le destin de deux enfants pendant
la guerre (et qui a donc des qualités propres à intéresser le pu-
blic ciblé, dans les pays francophones aussi bien que non-franco-
phones), et c’est un texte écrit dans un français très simple (une
qualité propre à ne pas décourager un jeune public d’apprenants
d’une langue étrangère).

Mais avant de poursuivre ces réflexions didactiques, résumons briè-
vement le roman. Le Grand Cahier est un texte à la première person-
ne du pluriel qui raconte l’aventure singulière de deux jumeaux pla-
cés chez leur grand-mère pendant la guerre. Pour supporter les mi-
sères de l’occupation et la méchanceté de la grand-mère, les deux
garçons s’entrainent méthodiquement à endurer le froid, la saleté,
la violence et toutes sortes de douleur que leur inflige la vie. A
force d’exercice, ils finissent par s’endurcir assez pour survivre;
une scène finale d’une terrible efficacité en témoigne : lorsque
leur père leur rend visite avant de vouloir passer la frontière
minée, ils le laissent tranquillement s’en aller à travers les
barbelés et se tuer en sautant sur une mine – et ainsi laisser la
voie libre à un des jumeaux qui passe clandestinement à l’étranger.
Reprenons maintenant les deux qualités du romans retenues par les
éducateurs, à savoir le portrait de deux enfants pendant la guerre
et la simplicité de la langue. Il est évident que la première n’en
fait pas automatiquement un roman pour jeunes (Munksgård présente
en effet son édition comme un «ungdomsroman»). Le récit des jumeaux
nous introduit à un monde dur qui résiste à toute lecture édifian-
te. La cruauté du monde où évoluent les jumeaux ne déclenche comme
réponse que leur propre cruauté envers les autres, sans qu’il y ait
une instance narrative, ni diégétique ni extradiégétique, pour «cor-
riger» le cynisme de leur univers. En effet, il s’agit d’un drôle de
roman pour jeunes où les deux garçons voient leur mère et leur père
mourir sans broncher. Dans une optique FLEiste, cependant, la pre-
mière qualité du roman, celle qui est une condition nécessaire pour
motiver la présence du texte dans les programmes d’études françaises
des pays non-francophones, est la simplicité de la langue. Cette sim-
plicité marque le vocabulaire aussi bien que la syntaxe. Dans un pre-
mier temps, elle semble motivée par l’âge des jumeaux et leur activi-
té de diaristes. C’est l’écriture de jeunes gens qui enregistrent et
notent sans évaluer les événements.

Mais cette sécheresse de l’écriture est aussi thématisée dans le tex-
te, et elle n’est pas seulement motivée par l’âge des diaristes ; il
s’agit en effet d’un véritable projet d’écriture dont le but est d’é-
viter toute subjectivité, toute expression de sentiments. Le petit
chapitre qui s’intitule «Nos études» comporte toute une poétique de
la sécheresse discursive ; y est présentée une «leçon de composition»
où les jumaux, après deux heures de travail, échangent leurs feuilles
pour les corriger et décider si c’est «Bien» ou «Pas bien» à recopier
dans le Grand Cahier : pour décider si c’est ’bien’ ou ’pas bien’, nous
avons une règle très simple : la composition doit être vraie. Nous de-
vons écrire ce qui est, ce que nous voyons, ce que nous entendons, ce
que nous faisons. Par exemple, il est interdit d’écrire ’Grand-Mère res-
semble à une sorcière’ ; mais il est permis d’écrire ’Les gens appellent
Grand-Mère la sorcière’. (...) Nous écrirons ’Nous mangeons beaucoup de
noix’ et non pas ’Nous aimons les noix’, car le mot ’aimer’ n’est pas un
mot sûr, il manque de précision et d’objectivité. ’Aimer les noix’ et
’aimer notre mère’, cela ne peut vouloir dire la même chose.

(...)

Les mots qui définissent les sentiments sont très vagues ; il vaut mieux
éviter leur emploi et s’en tenir à la description des objets, des êtres
humains et de soi-même, c’est-à-dire à la description fidèle des faits.

Voilà les principes d’une écriture radicale : enlever à la langue roma-
nesque tout ce qui est émotion, évaluation, subjectivité, ambiguïté ;
ne retenir qu’un discours descriptif pur, une «description fidèle des
faits» vus, entendus et accomplis. A part un vocabulaire descriptif
restreint et élémentaire, la simplicité discursive se manifeste par
une nette prédominance de constructions parataxiques. En voici quel-
ques exemples : Grand-Mère ne se déshabille jamais. Nous avons regar-
dé dans sa chambre le soir. Elle enlève une jupe, il y a une autre
jupe dessous. Elle enlève son corsage, il y a un autre corsage des-
sous. Elle se couche comme ça. Elle n’enlève pas son fichu.

Grand-Mère nous frappe souvent, avec ses mains osseuses, avec un
balai ou un torchon mouillé. Elle nous tire par les oreilles, elle
nous empoigne par les cheveux. D’autres gens nous donnent aussi des
gifles et des coups de pied, nous ne savons même pas pourquoi.

Les coups font mal, ils nous font pleurer. Nous sommes couchés sur
le banc d’angle de la cuisine. Nos têtes se touchent. Nous ne dor-
mons pas encore, mais nos yeux sont fermés. Quelqu’un pousse la por-
te. Nous ouvrons les yeux. La lumière d’une lampe de poche nous aveu-
gle.

Revenons maintenant au pauvre professeur de collège et aux passages
que ses détracteurs lui ont reproché d’avoir soumis à ses élèves. Il
s’agit d’une scène présentant la petite voisine Bec-de-Lièvre qui
fait l’amour avec un chien, et de deux scènes comportant un cas de
fellation (nous ne regarderons que la première, où la servante du
curé, après avoir lavé les jumeaux, se met à sucer leur sexe). Voi-
ci les passages contre lesquels les parents se sont insurgés : Le
chien revient, renifle plusieurs fois le sexe de Bec-de-Lièvre et
se met à le lécher.

Bec-de-Lièvre écarte les jambes, presse la tête du chien sur son
ventre avec ses deux mains. Elle respire très fort et se tortille.

[...]

Bec-de-Lièvre se retourne, elle est sur les genoux, elle tend son
derrière au chien. Le chien pose ses pattes de devant sur le dos
de Bec-de-Lièvre, ses membres postérieurs tremblent. Il cherche,
approche de plus en plus, se met entre les jambes de Bec-de-Lièvre,
se colle contre ses fesses. Il bouge très vite d’avant en arrière.
Bec-de-Lièvre crie et, au bout d’un moment, elle tombe sur le ven-
tre.

[...]

Elle nous caresse et nous embrasse sur tout le corps. Elle nous
chatouille avec sa langue dans le cou, sous les bras, entre les
fesses. Elle s’agenouille devant le banc et elle suce nos sexes
qui grandissent et durcissent dans sa bouche. (...) Elle tire
nos têtes vers ses seins qui sont sortis du peignoir et nous en
suçons les bouts roses devenus très durs. La servante met sa main
sous son peignoir et se frotte entre les jambes (...). Elle sou-
pire, elle halète, puis brusquement, elle se raidit.

Le premier des deux passages décrit certainement un acte considé-
ré communément comme pervers et allant contre toute moralité cou-
rante, alors que le second avoisine le domaine très sensible de
la pédophilie, vu la grande différence d’âge entre la servante
et les jumeaux. Mais les adolescents du début du vingt et unième
siècle ont généralement une expérience textuelle et visuelle tel-
le dans le domaine de la sexualité que la nature des actes pré-
sentés n’ont peut-être pas en elle-même de quoi nous choquer si
profondément, même si nous nous faisons les défenseurs moraux de
la jeunesse.

Cependant, les parents n’ont pas eu tort de réagir à mon avis.
Seulement, je ne pense pas qu’ils aient réagi pour les bonnes
raisons. Car ce qui est propre à nous bouleverser dans Le


Grand Cahier, ce n’est pas tant la nature des actes décrits
que l’écriture impassible qui les véhicule. Par la sécheresse
du style de Kristof, les actes trangressifs se présentent com-
me des phénomènes de ce monde, juxtaposés à d’autres phénomè-
nes non-transgressifs, sans aucune hiérarchisation morale,
sans aucun système de signalisation. Les passages incriminés
présentent les actes sexuels comme objets d’un regard impas-
sible, sans qu’il y ait signe d’une évaluation quelconque, ni
négative et réprobatrice, ni positive - en exprimant par exem-
ple la jouissance avec focalisation interne, spécialité d’un
Agnar Mykle (je pense notamment à sa nouvelle «Skoene» qui met
en scène un homme en train de baiser une vache, acte présenté
du point de vue de l’acteur comme oscillant entre la honte et
la pure jouissance). Le vrai problème que pose Le Grand Cahier
aux défenseurs de l’ordre moral, c’est qu’il comporte une nor-
malisation de la perversion, une réduction de toute chose à sa
pure apparence.

Dans l’optique de cette communication, il ne s’agit définiti-
vement pas d’une littérature pour jeunes. Le texte de Kristof
s’inscrit dans une tradition littéraire par rapport à laquelle
elle prend son originalité en la niant. C’est un phénomène lit-
téraire «parasitaire» qui ne peut être bien lu que par un lec-
teur expérimenté qui connaît aussi la littérature «hôte».

Pour terminer, je voudrais revenir à mon point de départ, Ago-
ta Kristof considérée comme une «singularité francophone». Se
peut-il que cette écriture, si radicale dans sa sécheresse et
sa simplicité, ait quelque chose à faire avec la position de
Kristof comme francographe?

S’agit-il de l’art romanesque d’une écrivaine qui s’est libé-
rée de la complexité de sa langue maternelle pour s’épanouir
dans une langue apprise comme langue étrangère à l’âge adulte?
A vrai dire, il ne s’agit pas d’une spéculation pure, puisque
le phénomène est thématisé dans Hier10, le quatrième roman de
Kristof. Il s’agit là encore d’un roman à la première personne,
et comme la trilogie des jumeaux, il est d’une très grande sim-
plicité lexicale et syntaxique. Mais le narrateur n’est plus un
enfant; portant un nom d’origine hongroise, il habite un pays
qui peut très bien être la Suisse, où il travaille depuis des
années dans une fabrique d’horlogerie, tout en écrivant le soir
Tantôt il écrit des poèmes dans sa langue maternelle, tantôt il
écrit dans «la langue d’ici». Voici un dialogue avec son amie
et compatriote Line :
Elle est en colère, elle dit :
- A l’école, nous étions au même niveau. Depuis, nous avons
fait du chemin. Je suis devenue professeur de langues et
tu es resté simple ouvrier.
Je dis:
- J’écris. J’écris un journal et un livre.
- Pauvre Sandor, tu ne sais même pas ce qu’est un livre. Dans
quelle langue écristu?
- Dans la langue d’ici. Tu ne pourrais pas lire ce que j’écris.
Elle dit :
- Il est déjà difficile d’écrire dans sa langue maternelle.
Alors, dans une autre langue ?

Dans une conversation ultérieure, Line revient au même sujet:
Tu aurais pu devenir quelqu’un, toi aussi, si tu avais écouté
mon père. Mais tu as choisi de t’enfuir et de devenir rien du
tout. Un ouvrier d’usine. Pourquoi?
Je réponds :
- Parce que c’est en devenant rien du tout qu’on peut devenir
écrivain (...).
- Tu dis ça sérieusement, Sandor? Qu’il faut devenir rien du
tout pour être écrivain?
- Je crois que oui.

La similarité de l’histoire et de la situation du narrateur et
de Kristof elle-même nous invite à y voir une réflexion sous
forme de poétique. Peut devenir écrivain celui qui ose partir
sans bagages, qui a le courage de laisser tomber la langue ma-
ternelle, avec tous les acquis qu’elle nous donne «gratuite-
ment», pour recommencer à partir de zéro en apprivoisant une
nouvelle langue d’expression. Et nous nous rappelons en écho
la «poétique» des jumeaux, leurs efforts pour réduire leur
texte à n’être que la «description fidèle des faits». Les
accents autobiographiques d’Hier nous donnent une clé possi-
ble pour une meilleure appréciation de la radicalité et de
l’efficacité de l’écriture kristofienne – une écriture marquée
par sa «singularité» en tant qu’écriture francophone.

Bibliographie
Beniamino, M. 1999: La francophonie littéraire. Essai pour une
théorie.
Paris: l’Harmattan.
Favre, R. 1998: Les écrivains de langue française dans le déve-
loppement de la francophonie.
Revue des sciences morales et politiques: La Francophonie. Etats
des lieux (hors série).
Paris: PUF.
Histoire de la littérature en Suisse romande, t. IV (éd. R. Fran-
cillon). Lausanne: Editions Payot.
Jouanny, R. 2000: Singularités francophones ou choisir d’écrire
en français. Paris: PUF.
Kristof, A. 1986: Le Grand Cahier. Paris: Editions du Seuil.
Kristof, A. 1995: Hier. Paris: Editions du Seuil.
Mykle, A. 1967: Skoene, Largo. Oslo: Gyldendal.
Roulet, D. de. 1998: Agota Kristof et son double, Passages 25
(Pro Helvetia).
Schlechter, L. 1996: Francophonie, francophilie et francographie,
Nos ancêtres les Gaulois (dir. V. Engel et M. Guissard). Ottigies :
Quorum.


JOURNAL LE COURRIER, Vendredi 19 novembre 2004


CACHEZ CE «GRAND CAHIER» QUE JE NE SAURAIS LIRE!

La commission des pétitions du Grand Conseil genevois a rendu son
rapport sur la pétition «relative à la lecture de livres contenant
des scènes de pornographie imposée aux élèves de l'école publique».
Elle avait été déposée en janvier 2004 par des parents d'élèves
indignés par la lecture du Grand Cahier d'Agota Kristof dans une
classe de l'école de culture générale Henry-Dunant. Taxant cer-
tains passages de «zoophiles et pédophiles», les 2281 signataires
demandaient à l'Exécutif «d'agir pour que cesse rapidement l'obli-
gation de lire des livres à caractère pornographique dans les éco-
les publiques de notre canton». Dans son rapport du 28 octobre, la
commission fait part de sa décision de «déposer la pétition sur le
bureau»: elle ne soutient pas la demande d'interdire certains li-
vres, sans pour autant classer la pétition.

Une manière de reconnaître qu'il y a eu problème, «à ne considérer
que les retombées du choix de cette lecture». Mais le rapport indi-
que qu'il appartient «aux écoles, cycles et collèges, dans une con-
certation adéquate, de trouver des solutions à ces questions déli-
cates, favorisant une juste liberté d'enseigner, sans qu'il soit
nécessaire de remplacer le bon sens par des directives frôlant la
censure».

Chacun peut encore consulter et donner suite au dossier «déposé sur
le bureau» – ce que n'a pas manqué de faire le groupe UDC. Alors que
le sujet pouvait être classé hier, il fera l'objet d'un débat lors
d'une prochaine session du Grand Conseil, mais pas avant 2005.

EXCITER OU DÉNONCER?
Le Grand Cahier fait partie des programmes scolaires depuis des an-
nées. En 2000, le livre avait suscité la même réaction à Abbeville,
en France. Un enseignant de 26 ans avait été placé en garde à vue et
la police avait fouillé son domicile... Aucune charge n'avait été
retenue contre lui grâce au soutien de l'Education nationale, mais
il a été muté dans une autre ville. En Suisse romande, la polémique
n'a pas débouché sur un dialogue satisfaisant.

Pour le libéral Claude Aubert, auteur du rapport, «il s'agit de con-
sidérer l'oeuvre littéraire dans son ensemble et de ne pas extraire
les passages incriminés de leur contexte. Dans Le Grand Cahier, ils
n'ont pas été écrits dans l'intention d'exciter les gens, mais pour
dénoncer les traumatismes de la guerre.»


Secrétariat du Grand Conseil
P1473-A

Date de dépôt : 28 octobre 2004
Messagerie

Rapport de la Commission des pétitions chargée d'étudier la pétition
relative à la lecture de livres contenant des scènes de pornographie
imposées aux élèves de l'école publique


Rapport de Monsieur Claude Aubert

Mesdames et
Messieurs les députés,

La commission a consacré trois séances à l'étude de cette pétition,
sous la présidence de M. O. Vaucher et de M. A. Etienne. Notre procès-
verbaliste attitrée, Mme S. Downing, ayant quitté ses fonctions, em-
portant avec elle toute notre gratitude, a été remplacée par M. Y
Piccino, auquel la commission a souhaité la bienvenue.

Les travaux de la commissio ont été précédés par deux interpella-
tions sur ce même sujet. Celle de M. G. Barrillier, le 18 décembre
2003 : "Critères de choix des ouvrages de littérature française
étudiés au cycle et à l'ECG" ((IU 1523). Celle de M. R. Iselin, le
12 février 2004 : "Lecture en classe de culture générale du livre
Le Grand Cahier de Mme Agota Kristof (IUE 70). Il conviendrait de
se référer aux réponses du Conseil d'Etat pour avoir une vue d'en-
semble de ce dossier.


Audition de Mme Janine Devanthery et M. Christian Etienne, péti-
tionnaires

Les pétitionnaires énoncent un certain nombre de critiques. Ils
déplorent le choix d'un livre contenant des scènes de pornographie
dure et de pédophilie. "Il est inadmissible d'obliger des enfants
à lire ce livre à l'école", étant entendu que chaque adulte est
libre de lire ce qu'il veut. Ils soulignent un manque de discer-
nement quant au concept même de "pornographie", puisque ce terme
a été jugé excessif, selon eux, par les enseignants concernés.
Par ailleurs, confrontés à de telles pages, les élèves n'ont pas
bénéficié d'un accompagnement adéquat, ni les parents d'ailleurs.

Les pétitionnaires critiquent aussi la manière dont a été reçue
leur protestation, l'incompréhension ayant éété la règle selon
eux. Une réunion - le 9 ocotbre 2003 - avec la maîtresse de clas-
se, le doyen et l'enseignante de françias n'a pas conduit à un
apaisement. La réponse du Conseiller d'Etat en Charge du DIP à
une letttre qui lui avait été adressée est jugée insatisfaisan-
te. Le 12 janvier 2004, une pétition, d'"agir pour que cesse
rapidement l'obligation de lire des livres à caractère porno-
graphique dans les écoles publiques de notre canton".


Audition de Mme Isabelle Hirschi, enseignante ECG, Antoine Sier-
ro, enseignant, et de M. Marco Polli, membre de la commission
paritaire du corps enseignant

Les listes d'ouvrages sont élaborées après une large consulta-
tion. Elles sont destinées aux enseignants, leur donnant des
références en fonction du niveau des classes et selon les
grandes thématiques à traiter au cours de l'année scolaire.
En l'occurrence, il s'agissait de discuter des phénomènes de
société. L'enseignante a choisi ce livre d'Agota Kristof, car
il montre la guerre et la vision de deux enfants civils de-
vant affronter cette situation, abandonnés par leurs parents
et livrés à leurs seules ressources.

Mme I Hirschi reconnaît que la scène de la jeune fille handi-
capée avec le chien est très dure; néanmoins, les enfants ne
la jugent pas, ne la condamnet pas, mais tentent de la socia-
liser, de l'éduquer et de la rendre autonome. Paradoxalement,
c'est un message d'espoir.

Cette oeuvre d'Agota Kristof est lue depuis des années dans
les cours de français. Elle est recommandée en France par le
Ministère de l'éducation nationale. Les jeunes sont confron-
tés quotidiennement à de la barbarie dans les différents mé-
dias. Vaut-il mieux les laisser découvrir par eux-même ou
profiter d'un encadrement pédagogique pour aborder ces réa-
lités de notre monde ?


Discussion

Pour la commission, il est indéniable qu'une scène de zoo-
philie, considérée comme telle, à l'état brut, ne peut que
choquer lecteurs et lectrices. Lire en classe un texte em-
barrassant ne saurait aller de soi, la clairvoyance des
enseignants - selon leurs propres dires - étant un préa-
lable indispensable pour qui voudrait , au travers de la
littérature, parler du monde et de ses turpitudes. La ra-
reté des réactions en matière de choix de lecture montre
que, dans les écoles, le doigté prévaut. L'implication, dans
l'élaboration du projet pédagogique, d'autres enseignants
et de parents, est une obligation morale, tant il est vrai
que l'émotion suscitée par de telles descriptions ne se
dissout pas spontanément; au contraire, elle a tendance à
se réperctuer à d'autres niveaux, suscitant des prises de
position tranchées et des conflits, qui, au-delà des per-
sonnes, touchent aux fondements de l'éthique de l'école
publique.

Dans ces conditions, la commission estime qu'il y a effec-
tivement eu problème, à ne pas considérer que les retom-
bées du choix de cette lecture. Cela ne signifie pas que
le point central soit le texte lui-même. S'il s'agissait
d'en rester à ce seul extrait, se profilerait alors une
possibilité, celle de censurer les lectures choisies par
les enseignants, voie dans laquelle personne ne désire
s'engager. L'essentiel est plutôt l'impossibilité pour
les protagonistes d'avoir pu trouver des modalités de
dialogue ou des formules permettant aux légitimes sou-
cis des parents et aux légitimes ambitions de pédago-
gues de converger.

En choisissant le dépôt de la pétition sur le bureau,
la majorité de la commission indique que la thématique
soulevée par les pétitionnaires et de première impor-
tance, mais qu'il appartient aux écoles, cycles et col-
lèges, dans une concertation adéquate, de trouver des
solutions à ces questions délicates, favorisant une
juste utilisation de la liberté d'enseigner, sans
qu'ilsoit nécessaire de remplacer le bon sens par
des directives frôlant la censure.

Renvoyer cette pétition au Conseil d'Etat signifierait,
dans le contexte actuel, que la commission prend fait
et cause pour l'invite de la pétition : "agir pour que
cesse rapidement l'obligation de lire des livres à ca-
ractère pornographique dans les écoles publiques de
notre canton": Comme nous l'avons rapporté, pour la
majorité de la commission, cette invite n'est pas per-
tinente par rapport au problème posé.


Vote

Proposition : renvoi au Conseil d'Etat :
Pour : 2 (1 R, 1 UDC)
Contre : 8 (1 AdG, 3 S, 2 Ve, 2 PDC)
Abstentions : 4 (3 L, 1 R)

Proposition : dépôt sur le bureau :
Pour : 12 (1 AdG, 3 S, 2 Ve, 1 R, 2 PDC, 3L)
Contre : 2 (1 R, 1 UDC)
Abstentions : 0

En conclusion, Mesdames et Messieurs les députés, la
Commission des pétitions vous propose, à la majorité
de 12 voix contre 2, de déposer cette pétition sur le
bureau.


Pétition
(1473)
relative à la lecture de livre contenant des scènes
pornographie imposée aux élèves de l'école publique

Mesdames et
Messieurs les députés,

Les adolescents de la classe 2H17 de l'Ecole de cul-
ture générale Heny- Dunant ont dû lire le livre Le
Grand Cahier d'Agota Kristof dans le cadre de leurs
travaux scolaires. Ce livre contient plusieurs scè-
nes de pornographidure et de pédophilie.

Nous avons lancé une pétition pour que dans le ca-
dre de travaux scolaires, l'obligation de lire des
ouvrages à caractère pornographique soit interdite
dans les classes, peu importe la'ppréciation que
l'on puisse porter sur leur valeur culturelle.

Cette pétition - en annexe - a recueilli à ce jour
2881 signatures. Nous avons adressé cette pétition
au Conseil d'Etat et n'avons reçu qu'un accusé de
réception, mais aucune réponse depuis deux mois.

En tant qu'instance politique suprême de notre
canton, nous vous soumettons notre requête et
vous prions de bien vouloir agir pour que cesse
rapidement l'obligation de lire des livres à
caractère pornographique dans les écoles publi-
ques de notre canton.

N.B. : 2 signaures
Citoyens inquiets
P.a. Mme Sandrine Bussinger
Route du Creux-du-Loup 44
1285 Athenaz


Annexe

Pétition au Conseil d'Etat du Canton de Genève

Nous estimons qu'il est inadmissible que la lec-
ture de livres contenant des scènes de pornogra-
phie dure soit imposée aux élèves de l'école pu-
blique, quelles que soient leur valeur culturelle.

Nous demandons insatmment au Conseil d'Etat d'in-
tervenir afin que cesse cette pratique qui cours
depuis plusieurs années.

Citoyens inquiets
P. A. Sandrine Bussinger,
route du Creux-du-Loup 44,
CH-1285 Athenaz / GE

Écrit par : canard | 12/09/2008

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